La politique de décentralisation des années 70 incite les grands parfumeurs à quitter la région parisienne. Ils sont alors nombreux à implanter leurs sites de production au sud de l’Ile-de-France : Guerlain, Coty-Lancaster et Paco Rabanne s’installent en Eure-et-Loir ; Dior à Orléans, Hermès dans l’Eure…La présence de ces importants industriels entraîne l’installation dans la région de PME toujours plus nombreuses opérant en amont et en aval des grandes marques : fabricants de matières premières, compositeurs de parfums, plasturgistes, logisticiens, mais aussi cosméticiens, concepteurs de PLV, laboratoires de contrôle, … De même, les investisseurs étrangers du secteur choisissent d’établir leurs têtes de pont en Europe au cœur de ce territoire où l’interconnexion entre les entreprises de la Beauté et la présence de nombreux professionnels facilitent le démarrage de leurs activités : le japonais Shiseido s’implante ainsi dans le Loiret, tandis que le coréen Pacific et l’allemand Reckitt optent pour l’Eure-et-Loir.
Les acteurs de la filière Beauté d’Eure-et-Loir seront les premiers à s’organiser en réseau en 1994. Ils sont une vingtaine à créer une association professionnelle dont Jean-Paul Guerlain prend la présidence. Avec l’appui des collectivités - Conseil général et Ville de Chartres - une stratégie ambitieuse permet rapidement à la Cosmetic Valley d’acquérir une visibilité. Labellisée « SPL » (Système Productif Localisé) dès l’année 2000 par la DATAR, la Cosmetic Valley se positionne alors parmi les pôles de compétences français les plus dynamiques. Entre 1994 et 2000, la Cosmetic Valley aura participé à la création de 3 000 emplois en Eure-et-Loir.
Lorsque l’Etat décide d’engager une nouvelle politique économique instaurant des pôles de compétitivité, la Cosmetic Valley est tout naturellement mandatée par l’ensemble des acteurs du territoire comme porteur d’un ambitieux projet de pôle de compétitivité qui sera labellisé en juillet 2005. L’association entreprend alors un saut quantitatif et qualitatif. Son périmètre d’action s’élargit, passant de un à six départements présents sur trois régions : Centre, Ile-de-France et Haute Normandie. Universités et organismes de formation rejoignent le pôle afin d’apporter leur expertise.